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TER présenté en licence 3 de psychologie.

PLAN :

 

 

 

INTRODUCTION :

  Comment l’être humain tente t-il de s’approprier son corps ? Comment tente t-il de lui trouver une fonction ? Pourquoi avons-nous besoin de reconstruction ? En quoi le mouvement Queer nous permet-il de saisir les rapports actuels avec la société ?

 

 

 

1°)  CORPS : (page 2 à 9)

 

 

A°)  LE  CORPS COMME CONSTRUCTION : (page 3 à 4)

B°)  DECONSTRUCTION DE LA MORT EN FAVEUR DE LA CONNAISSANCE : (page 4)

C°)  DECONSTRUCTION PSYCHANALITIQUE DU CORPS : (page4 à 5)

D°)  LA CONSTRUCTION SOCIALE DU CORPS CONTEMPORAIN : (page5 à 9)

 

 

 

2°) SOCIETE : (page 9 à 21)

 

 

A°)  INTRODUCTION : (page 9 à 12)

B°)   POLITIQUE ET POUVOIR : (page 12 à 14)

C°)  MODELE BINAIRE : (page 14 à 16)

D°)  SEXE ET POLITIQUE : (page 16 à 17)

E°)  CITOYENNETE ET IDENTITE : (page 17 à 19)

F°)  GENRE, SEXE ET SOCIALISATION : (page 19 à 21)

 

 

 

3°) LE MOUVEMENT QUEER : (page 21 à 35)

 

A°)  ORIGINE DU MOT ET THEORIE QUEER : (page 21 à 24)

B°)  SEXUALITE : (page 24 à 28)

C°)  QUEER ET CORPS : (page 28 à 30)

D°)  QUEER ET SOCIETE : (page 30 à 33)

 

 

 

CONCLUSION : SOMMES-NOUS TOUS DES TRANS’ ? (page 33 à 35)

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION :

 

  Le corps est une donnée naturelle que l’être humain doit tenter de s’approprier. Il doit faire avec, il n’a pas le choix. C’est aussi une enveloppe de signifiants qui est montrée à l’Autre, comme présentation subjective du moi. De plus, il permet les interactions directes avec autrui, il est un outil d’échange et d’expression. On peut même dire dans ce sens là qu’il parle pour nous.

  En vue des différentes interventions que la science nous permet de faire aujourd’hui sur notre corps à l’image de la chirurgie esthétique ou plus simplement du point de vue vestimentaire, nous voyons bien que la tendance est au changement, à la modification. On cherche à déconstruire celui-ci pour le rendre soit disant plus coordonné à notre personnalité, preuve d’un certain mal-être. Mais n’est ce pas plus par souci de conformité à la société que par besoin de cohérence avec nous même ? En effet, nous sommes dans une société d’image et nous nous référons sans cesse à l’autre, au canon de beauté du moment. L’évocation d’un modèle de la beauté nous donne déjà une première raison de reconstruire notre corps pour suivre la norme bien que nous soyons conscient que celle-ci est ancrée dans nos mémoires ? Au regard des féministes on voit bien que le chemin est encore long, que le système binaire constitué historiquement est lié a des valeurs difficilement déconstructibles.

  Quand est-il alors des personnes qui avant même de parler de canon de beauté n’entrent pas dans cette société hétérocentrique ? C’est tout le problème des Queers, en plus d’une non conformité de corps ils illustrent aussi une non conformité sexuelle, d’opinion même, qu’ils revendiquent fortement. Pourtant ils sont la preuve d’une variabilité de la norme et montrent que les choses ne sont pas blanches ou noires, vraies ou fausses, bien ou mal. Ils ont un corps comme les autres et répondent juste à une autre utilisation de celui-ci. Au-delà d’une reconstruction de l’image, bien que les drags queen et les transsexuels l’utilisent abondamment, c’est tout le système binaire qu’ils veulent reconsidérer, profitant d’une brèche déjà ouverte par les féministes.

  Les sociétés occidentales, dont nous traiterons dans ce dossier sont basées sur des relations de pouvoir préétablis en fonction du statut des individus. Il n’est pas difficile d’envisager alors que même des personnes censées rentrer dans le moule ne le font pas par pur conformisme au dépend d’un bien être psychique. Ne sommes nous pas tous des pervers polymorphes comme le disait Freud au sujet de l’enfant ? Les modes vestimentaires actuelles, et les pratiques de l’être humain dans ses fantasmes qu’il veut assouvir tout prix montre un malaise au sein des cadres mais aussi de fortes déviances dans toutes les classes. Les hommes se maquilles, prennent soin d’eux. Les femmes conduisent des 38 tonnes. Et ces corps se retrouveront peut être ensemble dans un club échangiste ? Entre homme et femme la frontière se réduit autant dans les actes que dans les modes de pensée. Le capitalisme nous a apporté une certaine possibilité de jouir mais sous la contrainte. Ce paradoxe amène alors une frustration qui pousse l’individu à suivre ses contraintes ou bien à les rejeter totalement. Nous sommes aujourd’hui dans une société bancale qui ouvre les portes à l’individualisme poussé à l’extrême. Cependant le corps peut se faire propagande et peut désormais être un acte politique permettant la revendication de chacun. Les Queer comme il l’on déjà fait avec leur patronyme, se servent de la contrainte comme d’un outil. Ils marquent une période de déconstruction (dé qui en philosophie fait référence à la contrainte) performative et c’est ce que nous allons voir au cours de ce dossier afin de tenter de répondre à cette question ; En quoi le mouvement Queer nous permet-il de saisir les rapports actuelles avec notre société ? Pourquoi avons-nous tendance à construire/reconstruire sans cesse notre corps, notre image voir même notre sexualité ?

 

 

 

 

1°)  LE CORPS

 

 

A°)  LE CORPS COMME CONSTRUCTION :

 

 

  Le corps est un mot qui  comporte plusieurs significations possibles mais dont l’étymologie renvoie au corps mort, au cadavre. En tout premier lieu il a été considéré d’un point de vue anatomique comme un tout biologique réunissant un ensemble. Mais il se réfère aussi à l’enveloppe, le groupe qui forme un ensemble, le tout matériel...autant de définition qui fait abstraction de son usage.

Dés l’antiquité, les philosophes se sont beaucoup intéressé  à la place du corps dans la pensée essayant de le déconstruire dans le but de mieux l’appréhender. Ces investigations vont de pairs avec un besoin fondamental de l’homme de maîtriser son environnement. Plusieurs conceptions ont été ainsi envisagées.

  PLATON oppose le corps et l’âme utilisant la philosophie dans le but de se délivrer du corps et d’apprendre à mourir. Pour lui le corps est l’obstacle de la pensée et trouble l’individu et la santé .Il compare l’organisation de la cité au fonctionnement du corps proposant trois hiérarchies ; l’âme du monde, l’âme de l’homme et le corps (abdomen, thorax, tête).

  ARISTOTE unit l’âme et le corps dans un discours ontologique, une pensée globale. De son point de vue, le corps est matière car assujetti à l’âme en opposition à la forme qui est un construit. Pour Aristote le corps est vivant grâce a l’âme qui jointe à celui-ci rend ses mouvements possibles.

  DESCARTHES innove dans la vision du corps le comparant à une machine. Influencé par les travaux anatomiques, il parle de biomécanique des organes en s’appuyant sur le fonctionnement des automates. Il reconnaît tout de même la pensée « cogito » avec cette fameuse phrase « je pense donc je suis ». Pour lui le corps pense de manière mécanique mais si il meurt la machine est cassée.

 

 

B°)  LA DECONSTRUCTION de la mort en faveur de la connaissance :

 

 

  Jusque là, on ne pouvait qu’avoir un corps subjectif du fait de la non accessibilité du corps une fois mort.Ce n’est que vers le dix-huitième siècle époque de l’avènement de la pensée médicale, et du droit à l’autopsie qu’ont pu apparaître les premières explorations autorisées sur le corps. Le corps mort est ainsi devenu un lieu d’exploration scientifique d’ordre étiologique. A cette époque, le corps était vu par le domaine médical comme une enveloppe de savoir biologique est donc observable s’opposant ainsi à la clinique de la parole. Le domaine scientifique voulait se débarrasser de toute trace de subjectivité considérant l’esprit comme une fonction du cerveau et rendant compte de la vie psychique. Quand au domaine psychanalytique il admettait un réel de l’organisme : le corps la pulsion, le symptôme et le langage sont des éléments communs a chaque sujet mais utilisaient de façon singulière.

  Nous savons aujourd’hui que neuroscience et psychanalyse ne sont pas opposées mais peuvent interagir dans le but d’une vision globale et complète du corps.

 

 

C°)  DECONSTRUCTION psychanalytique du corps :

 

 

  Si la médecine scientifique cherche une correspondance entre un trouble et une lésion, la psychologie clinique et particulièrement Freud qui rappelons le était médecin bouleverse cette perspective en s’intéressent à la parole au langage du malade. Il parlait d’une clinique des mots, le dispositif psychanalytique consistant en effet à faire parler la personne selon la règle fondamentale dite de l’association libre. ; Il y a un changement de paradigme Le corps est alors pensé non plus en terme de corps/esprit mais en terme d’immersion dans le langage. La psychanalyse  s’intéresse au dualisme pensée/corps entre le langage et le psychisme. D’où la phrase de Lacan « penser avec ses pieds ».

  L’étude des structures pathologiques permet de rendre compte des phénomènes de corps et le statut du corps dépend de la place qu’il occupe dans celles-ci. Freud rend compte de la structure des mots et la structure des maux.

On peut dire qu’il y a une articulation entre le langage et le corps. De plus, c’est par le langage que le patient peut livrer son savoir. Avec la psychanalyse apparaît la dialectique langage et corps. On passe d’être à avoir un corps. Le verbe avoir implique une action du sujet et de son environnement. C’est une construction singulière. On peut parler de reconstruction du corps si on suit l’idée de Lacan selon laquelle « l’enfant nait dans un bain de langage ».La prise dans le langage transforme les caractéristiques naturelles de l’humain naissant. Le sujet est tributaire de l’autre qui parle de lui avant même que celui-ci soit né. L’appropriation de son corps passe par l’aliénation à l’autre. Prenons l’exemple de l’enfant le pervers polymorphe de Freud qui est vu par tous comme un petit ange naïf sous le modèle de Rousseau. L’image de l’enfant est construite autour du désir de ces parents. Ils demandent à l’enfant de faire l’enfant.

  L’homme a à construire ce qu’il doit faire de son corps. Le premier moment ou le sujet va prendre conscience de son corps et assumer son image à partir du signe que lui donne l’autre du langage c’est le stade du miroir ; moment de la subordination de l’image au symbolique. L’homme est réduit à ce débrouillé avec le langage pour traiter la rencontre des mots avec le corps, en même temps que le langage fait corps, il laisse des traces signifiantes qui laissent aussi des traces dans le corps. Le langage décerne le corps comme anatomie symbolique qui peut rendre compte de trouble comme l’hystérie, là ou le biologique échoue.

En suivant cette perspective, le corps est un signifiant, une carte d’identité car l’inconscient se sert de l’organisme pour dire quelque chose. En psychanalyse, le corps comprend trois dimensions ; réelle symbolique et imaginaire.

  Corps symbolique : image que nous nous faisons de notre corps.

  Corps imaginaire : carte d’identité, groupe d’élément qui nous représente.

  Corps réel : Ce qui procure le plaisir, lieu de la jouissance.

 

 

D°)  LE CONSTRUCTION SOCIALE DU CORPS CONTEMPORAIN :

 

 

  Bref rappel des trois registres du corps en psychanalyse :

 

  Comme nous l’avons vu ci-desus, la psychanalyse fait appel à trois registres pour saisir l’expérience du corps humain. Ils renvoient a beaucoup de questions, Qu’est ce qu’un corps ?qu’en est-il de mon appartenance a celui-ci ? Qu’en est –il des autres ? Quels rapports ont-ils avec mon corps ? Comment je dois m’en servir… ?Avoir un corps rend possible son usage .Il est multifonction et comporte une structure formelle aussi complexe que son fonctionnement. C’est pourquoi il reste très difficile à appréhender malgré l’évolution des techniques médicales et scientifique en générale. Le corps, qui fait directement appel au regard et à la perception exige beaucoup plus que de simples observations ou dissections. C’est pourquoi la psychanalyse s’est penchée sur ces trois notions ; symbolique, imaginaire et réel.

  Nous savons que c’est le langage qui décerne un corps au sujet de par sa capacité à symboliser. On peut dire que le symbolique est un corps dans le sens ou celui-ci est un système de relations internes. La castration est l’opération primordiale qui décrit l’action du langage sur l’organisme et c’est dans la relation à l’autre que ce découpe le corps d’où une anatomie fantasmatique constituée de découpes, marquages pulsionnels et signifiants. L’intégration du signifiant permet d’acquérir l’image que nous nous faisons de notre corps, d’être un signifiant pour un autre signifiant.

  L’imaginaire est aussi une fonction déterminent dans la constitution du corps. Le stade du miroir de Lacan est une bonne illustration de la subordination de l’image au symbolique .L’autre, est là dans cette rencontre pour acquiescer, confirmer l’image que l’enfant renvoi dans le miroir. Le registre de l’imaginaire renvoi aux croyances de chacun en leurs images mais aussi au souci de chacun de s’identifier à une image de soi qui réussie en référence au corps de l’autre, en sa présence. Rajoutons toutefois que l’image du corps dépend aussi de la façon dont le sujet se situ dans le champ du symbolique.

  En ce qui concerne le corps réel, il fait appel à l’organisme comme donnée physiologique dont la prise dans le langage constitue le corps. Il peut alors rendre compte du lien qui s’opéré entre l’appareil physiologique et le psychique par l’excitation à savoir ce que l’on perçoit du sujet. Cela nous renvoi à Freud et a son concept de pulsion, représentation psychique d’une source continue d’excitations provenant de l’intérieur de l’organisme. Il faut préciser que nous ne sommes pas là dans le registre du besoin  bien que la pulsion prenne appuie sur le biologique. Elle n’a pas une fonction vitale mais une satisfaction. Aujourd’hui la pulsion est plus vue comme processus provenant de l’inconscient de l’organisme mais dans le champ de la parole, du langage. Il y a localisation d’échanges entre le soi et autrui (sujet/objet).La pulsion se caractérise à la fois par un aspect réel et un autre signifiant.

 

  Sans perdre de vue ces trois registres attardons-nous maintenant sur le corps dans la société contemporaine…

 

 

  Le Corps dans la société contemporaine :

 

  Les questionnements philosophiques basés sur les oppositions entre naturel/artificiel, l’interne/externe ou encore le public et le privé sur lesquels nous pouvions questionner le corps le considèrent comme une enveloppe, une séparation deviennent de plus en plus complexes et ambigües. En effet, aujourd’hui on sait que cette séparation n’est pas opaque mais fictive car elle peut être traversée de part et d’autre. L’artificiel se greffe au naturel sous la forme d’un sein siliconé, d’un pasmacker…etc. Nous savons aussi que le signifiant peut passer dans le corps et produire des effets de jouissance dans celui-ci allant jusqu'à l’affecter. C’est le cas de l’hystérie qui tente de se refaire un corps à la mesure de l’autre, lien sociale. En revanche et pour rebondir sur cet exemple, on peut dire que d’un point de vue matériel, il y a une séparation entre le public et le privé. Pour être plus précise c’est dans nos interactions, nos premières rencontres ou lorsque l’on croise des inconnus que le corps peut être vu comme séparation entre l’interne et l’externe car la première chose que l’autre voit, c’est notre apparence et celle-ci bien heureusement ne nous dévoile pas entièrement. Dé plus,  précisé que cette séparation n’est que matérielle revient à mettre l’accent sur  cette séparation subjective car l’homme se pare de signifiants, il est un signifiant qui ne peut être dissocié d’autrui. Plus simplement, Il donnera forcément des renseignements sur sa personne rien que par son l’apparence. Aussi, l’autre se reflète en quelque sorte dans le sujet à savoir que l’individu porte toujours des marques de socialisations des signifiants de son appartenance à un groupe ou de sa provenance. C’est comme si le corps pouvait intégrer une image totale des tendances de l’individu. L’exemple de l’hystérie duquel je suis partie, marque bien cette volonté d’intégration du lien sociale et de ses effets sur le corps. On peut remarquer ce même processus au travers de la mode avec le principe des tendances à appliquer chaque saison. Tendances réunies autour d’une récolte du sociale puisée dans l’histoire de l’art et l’actualité dans le but de nous donner un ordre de montage de notre corps en référence à l’Autre. Le phénomène de mode illustre bien cette tendance de l’être humain à vouloir se créer une image totalisante. Il y a le pouvoir d’une image idéale que l’on rapporter au canon de beauté sans oublier toutefois que cette image n’est pas fixe mais qu’elle évolue en même parallèle à la société et se reconstruis au fur et à mesure. De Léonard De Vinci et son schémas de l’homme parfait au canon de beauté actuel 90-60-90…le sujet tente de s’identifier à une image de soi qui réussie et qui s’accompagne d’un besoin d’harmonie avec son corps. Dans l’époque contemporaine, l’image du corps idéale est associée à un affect maîtrisé. Donc cette volonté d’avoir une image totalisante semble être à l’origine de certaines pratiques de corps comme la culture biologique, l’avènement des jeux d’entrainement cérébral …qui surgissent en réponse à ce besoin de maîtrise du corps, qui d’ailleurs sont valorisées par la société actuelle. Mais ce besoin de maîtrise transforme le corps en une matière ou s’exerce une pratique qui consiste en une corporation du signifiant allant parfois jusqu'à l’excès  comme par exemple dans l’automutilation  ou l’anorexie paradoxalement très à la mode en ce moment. Rien de naturel ne dicte les conduites à faire sur son corps et la vraie question que se pose l’individu est peut être plus que faire de son corps. Le corps est en rapport avec le réel de notre civilisation, et notre propre réalité. Celui-ci tend à disparaître car notre société veut en finir avec l’impossible. Comme l’adolescent face à sa transformation pubertaire qui tente traiter psychiquement le réel par des pratiques dites gores, l’adulte fait la même chose. Cela s’applique au sujet qui tente de résoudre sa division. En réalité il cherche  à combler un manque et pour cela tous les moyens sont bons c’est pourquoi l’individu cherche des techniques, des objets adaptés a sa demande d’où l’accent porté sur l’organisme. Le corps arrive en effet au sommet de la société de consommation devenant lui-même un objet. Dans cette société, l’image passe avant le corps transformant celui-ci en support de jouissance. Cela s’accompagne alors d’une place privilégiée pour la jouissance pulsionnelle d’où une étendue toujours plus importante de la gamme des addictions et ainsi une augmentation de symptômes. Le symptôme de rejet de l’autre découle de cette jouissance prédominent qui peut se traduire par une prédominance de l’objet sur les idéaux. Une  bonne illustration historique de cette volonté de jouir de son corps est le mouvement féministe des années 70. Le mouvement Queer que nous aborderons par la suite et l’exemple le plus flagrant de cette reconstruction du discours.

 On retrouve des traces de cette subjectivité contemporaine dans les médias, la presse…témoins du discours à l’œuvre à notre époque. Nous le voyons notamment dans les magasines féminins ou le discours prédominent est celui du moi qui prend la lectrice dans le sens des poils et la place au premier plan et même parfois à l’affiche. Le magasine qui donne à la lectrice les clés de sa réussite ne le fait que dans un seul but marketing consistant à la faire consommer encore plus. Ce sont aussi ces même sources dites d’information qui poussent le sujet à l’individualisme parce qu’il le vaut bien ! Just do It…les slogans carabinés envoyés en masse renvoi la personne au statut d’acteur de sa propre vie. La télévision par exemple et plus particulièrement la téléréalité nous donne la preuve que nous pouvons tous être connus

 Elle ne garantie pas cependant d’être reconnue ce que l’individu recherche peut être d’avantage. Nous sommes actuellement dans une culture de l’exposition intime ou le corps et mis à nu et la sexualité mise en scène par une transparence obligée. Il y a une exhibition de la jouissance. Ne doit-on pas lier cette nouvelle construction du corps à l’incertitude du sujet sur la connaissance de son propre corps et  des questionnements qui l’accompagnent  car aujourd’hui, l’individu manque de repère et ce trouve dans l’incertitude. Ne recherche t-il pas derrière  la reconnaissance, une certaine identité culturelle et personnel ?

 

  Avant de tenter de répondre plus loin a ses interrogations et en guise d’introduction du  prochain point ci-dessous, voici un extrait du texte issu des recherches de Christine Detrez sur la « construction sociale du corps féminin » publié en 2003.

 

 «  Le corps alors qu’il semble être le lieu de l’intime et du personnel, constitue le nœud où s’articule l’individu et le groupe, la nature et la culture, la contrainte et la liberté. Si les sociétés traditionnelles marquent la loi sur la peau comme sur un parchemin, dans nos sociétés contemporaines, le marquage social s’incorpore, façonnant les morphologies et les façons de se mouvoir, selon les représentations culturelles et les savoirs de chaque culture. Mais les stéréotypes culturels qui vont ainsi modeler les corps sont hiérarchiquement ordonnés : le corps de la femme est ainsi plus frêle, fragile, passif, hormonal, etc que celui de l’homme. Les arguments biologiques et scientifiques interviennent pour justifier la domination subie par les femmes, dés les premiers temps de l’éducation. Les savoirs sur les corps sont ainsi des pouvoirs, mis au service d’enjeux politiques et symboliques. »

 

 

 

 

2°)  LA SOCIETE :

 

 

 

A°)  INTRODUCTION : Qu’est-ce qu’une société ?

 

 

  Selon la définition de l’auteur joseph Fichter,  la société est : « l’ensemble des modèles d’organisation et d’interrelation, des individus et des groupes, des associations, des organisations et des institutions qui concourent à la satisfaction concertée des besoins de la collectivité. »

  En vue de cette définition et de l’étymologie ce mot qui trouve son origine dans le latin « societas » ; association amicale avec d’autres et « socius » ; compagnon associé, camarade, nous voyons une nouvelle fois que l’autre est indissociable de l’individu. En littérature on parle même de « chercher la société de quelqu’un ». La société est un construit du  milieu Humain dans lequel nous sommes intégré d’emblé. Elle évolue en fonction des époques, elle n’est pas figée mais reconnaît tout de même quelques fondements immuables constituant sa structure ; C’est un groupement de plusieurs personnes ayant mis quelque chose en commun en vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter, et auquel la loi reconnaît une personnalité morale considérée comme propriétaire du patrimoine social.

  En sociologie il faut mentionner un débat continu entre les cercles de sociologues et d’anthropologues pour savoir s’il existe ou pas une entité que nous pourrions appeler « société » car certains disent que ce n’est qu’une idéologie d’un certain système de classe. Le terme a été introduit analytiquement par le sociologue Ferdinand Tonnies en 1887 dans son ouvrage «  Gemeinschaft und Gesellschaft » ou il caractérise la notion de communauté par une confiance mutuelle, un lien émotionnel et une homogénéité. Pour lui la communauté se distingue de la société en ce que les acteurs de cette dernière ont des objectifs nettement plus individuels. Cela conduit à un lien plus lâche des individus envers la société. Communauté et société sont pour lui les objets de la sociologie. Bien que nos sociétés aient presque partout remplacé les communautés par des formes sociétales d’association, le terme de communauté ou ses équivalents corps ou ordre, conserve toujours un sens juridique, administratif et politique précis, par exemple les communes, les professions organisées en ordre,les familles, les congrégations religieuses…. Mais bien surs les diverses doctrines communistes. De plus, le mot communauté évoque des collectivités historiques ou culturelles, telles qu’entendues dans les débats sur les minorités ou le communautarisme. Précisons tout e même que la société s’oppose à l’individu, dans la mesure où les intérêts de celui-ci peuvent être différents de ceux de l’ensemble d’une communauté et même une communauté tout entière  peut être elle-même en désaccord avec l’ensemble ou presque de la société. C’est d’ailleurs le cas des queers que nous évoquerons dans la troisième partie.

  La société est construite, structurée  et comprend une certaine hiérarchisation, des catégories supérieures aux catégories subordonnées. D’où le fait que chaque individu acquiert un statut dés la naissance. Statut qu’il cherchera peut être a transformer mais dont il conservera toujours une trace ; « on n’oubli pas d’où l’on vient ». Cependant, les statuts dont on parle demande des conduites conformes a celui-ci. Partant de ces constatations et du fait de l’organisation hiérarchique de la société, elle engendre systématiquement une notion de liberté mais aussi de contrainte. En effet la société comprend des normes, des règles, des valeurs régies par une certaine autorité et auxquels il faut soi-disant se plier pour ne pas être rejeté.

  Objet privilégié de plusieurs sciences humaines et sociales, le terme société se rapporte à l’ensemble des mœurs et coutumes partagés par une population : les choix d’organisation sociale, des valeurs et normes. Le mot société est d’ailleurs souvent précédé d’un autre signifiant correspondant à sa tendance du moment. Un mot qui caractérise sa signification et qui renvoie aux idéaux de se groupement de personnes. Par exemple les sociologues néo-marxistes ont cherché à faire une classification de ses sociétés. La société capitaliste est une bonne illustration dans ce contexte car ce terme « capitalisme » est fort et permet déjà de ce faire une idée de la société qu’il représente et renferme.

 

  Qu’en est-il de L’individu dans cette société ?

 

  Dans une société donné, vous êtes un individu parmi d’autres,c'est-à-dire que plus vous vous éloignez de votre communauté de base(famille), plus vous allez vous fondre dans la masse et apprendre par interaction et expérience une certaine norme d’internalité qu’il faut utiliser pour être re-connu par d’autres communautés. Il n’est donc pas facile d’être soi dans une société de par les nombreuses contraintes auxquels elle nous soumet. Pour preuve l’apparence physique est primordiale dans les sociétés contemporaines contraignant l’individu à vouloir se rapprocher un maximum au canon de beauté sans prendre le temps de se regarder réellement dans le miroir. C’est d’ailleurs pour cela que certains chirurgiens demandent aux adolescentes de consulter un psychologue avant une opération chirurgicale pour comprendre les vraies raisons de leurs choix bien que celui-ci soit toujours indirectement guidé par la société. Bien que parfois inefficace, ce procédé aura tout de même réussit à déculpabiliser le médecin.

  La famille, la fratrie nous transmet les premiers codes de fonctionnement de la société.  De plus, elle en est l’illustration quotidienne pour l’enfant qui sent sert comme premier groupe de référence. Donc l’enfant avant de naître est déjà socialisé car déjà intégré dans ce système par le langage.  Après la naissance vient ensuite tout un apprentissage de socialisation passant notamment par l’éduction scolaire. Cependant, à l’adolescence, l’individu  accède à la faculté mentale de rupture et d’analyse dont il se sert pour se constituer en tant que personne  notamment dans la rupture avec les anecdotes familiales. L’individu à ce moment là comprend qu’il est acteur de sa propre histoire et que lui aussi peut produire de la socialité et mettre en scène son corps.

  Pour résumer, vivre dans une société fait appel à un processus d’intégration et d’internalisation de valeurs, normes qui constitues la société.  Si l’individu ne s’y adapte pas un minimum, il  en est partiellement exclu et voit son pouvoir d’action ainsi diminué. On peut dire plus particulièrement que le non-conformiste n’est exclu que par les membres de cette  société car il en fait tout de même partie  tant qu’il n’est pas mort. C’est le cas des sans domicile fixe par exemple bien la plupart d’entre eux veulent rejeter la société. L’autisme est  peut être un meilleur exemple dans le sens ou leur exclusion n’est vraiment pas contrôlée et qu’ils ont juste des difficultés à faire le lien social.

  D’après l’exemple ci-dessus on peut dire que le langage est le facteur fondamental du lien sociale que celui-ci soit langagier, corporel ou autre. Nous savons que le plus travail du psychanalyste grâce à l’association libre est de permettre au patient de conserver ce lien sociale. Pour cela, l’individu doit assimiler la différence et la séparation entre le moi et l’autre. Ce qui revient à créer une frontière corporelle entre l’intérieure et l’extérieure et ainsi constituer son individualité. En psychanalyse nous voyons qu’il est indispensable à l’enfant de faire la distinction entre l’animé et l’inanimé, mais aussi de différencier les sexes afin de se constituer en tant sujet. Nous verrons d’ailleurs plus tard dans le texte que la différenciation des sexes est très compliquée voir même un questionnement jamais résolu par l’individu.

  En psychologie sociale, la construction de la société semble aller avec un  besoin fondamentale de consistance. Beaucoup de théories ce sont développées autour de cette notion à savoir la théorie du même nom, celle de l’équilibre ou bien encore la théorie de la forme. Tous, sont en accord avec le fait que l’individu cherche une certaine cohérence de son univers de connaissance, qu’il s’agisse des formes matérielles, des relations interpersonnelles, personnelles ou tout simplement sur sa connaissance du monde. Devant cette hypothèse, nous pouvons alors imaginer à quel point il est  difficile de trouver sa place en tant que sujet propre. Comment une personne en marge avec la société du point de vue  psychique (une personne non-conforme) peut-elle comprendre sa différence sachant qu’elle n’a pour point de référence qu’un passé (histoire, littérature…etc.) constituée par la société avec laquelle elle se sent en désaccord ?  C’est pourquoi, certains individus se sentent rejetés de la société du fait de leur inadéquation visible ou non. Ne pouvant s’insérer dans les cadres qu’elle propose, fondés historiquement et servant de référence dans tous les domaines, ils sont  des incohérences de la société.  En revanche, de nombreux exemples puisés dans l’histoire nous montrent qu’il y a toujours eu des groupes de personnes différents, des minorités. De la sorcière brûlée vive, aux nègres en passant par les homosexuels, l’individu par manque de connaissance mais aussi par manque de contrôle ou tout simplement par peur, préfère rejeter la différence quitte à transformer la réalité ou bien bannir certains détails de l’histoire. En effet, l’individu a besoin de contrôle car celui-ci renforce ces aspects motivationnels nécessaire à son action. On peut faire ici un parallèle avec le chapitre précèdent lorsque l’on a vu  que la société contemporaine valorise le corps et met en avant la personne, le rendant acteur de sa propre vie. En vérité, l’individu n’a qu’un semblent de contrôle. La société tente de le rassurer, de l’envelopper dans l’illusion de contrôle poussant à la consommation. De plus, plus la valeur ajoutée confirmée par l’autre est forte, plus cette illusion est renforcée. Alors, heureusement que la personne reconstruit elle-même sa propre perception par appropriation, car cette opération semble indispensable à l’acquisition d’un certain équilibre.

 

 

B°) POLITIQUE ET POUVOIR :

 

 

  Nous avons déjà précisé précédemment qu’une société est construite hiérarchiquement et cela implique forcément une organisation de pouvoir et d’autorité devant l’inégalité des statuts. Dans nos sociétés on parle de pouvoir politique, type de pouvoir qu’une personne ou un groupe exercent dans celles-ci. Il existe de nombreuses façons d’exercer un tel pouvoir, le plus évident est celui du chef politique officiel d’un état, tel qu’un président, un premier ministre ou bien un roi. Pourtant, les pouvoirs politiques ne sont pas limités au chef d’état et aux dirigeants et l’étendue du pouvoir se mesure à l’influence sociale que la personne ou le groupe peut avoir. Cette influence pouvant être exercée officiellement ou officieusement. Dans beaucoup de cas d’ailleurs, l’influence ne s’arrête pas à un seul état, on parle alors de puissance internationale, pouvoir qui se maintient par l’acquisition des connaissances.

  La notion de pouvoir dans le premier sens du terme implique une capacité d’agir, c’est avoir la faculté, le droit et l’autorisation de faire mais dans le cadre politique il implique un besoin d’agir par une certaine autorité ou influence. L’histoire est pleine d’exemples témoignant de l’utilisation du pouvoir détenu par trop peu de mains et de ses conséquences comme par exemple la dictature qui ne laisse aucune place au débat politique et à la critique publique. La plupart des solutions données à ce problème consistent en un partage de pouvoir comme c’est le cas dans la démocratie.  De plus, la limitation de pouvoir d’un individu ou d’un groupe permet d’augmenter les droits protecteurs individuels bien que ce ne soit pas toujours évident. Le pouvoir est souvent considéré comme une relation entre des acteurs sociaux. Pour Max Weber «  la relation de pouvoir s’observe quand un individu accomplit conformément à la volonté d’un autre individu, une action qu’il n’aurait pas accomplie spontanément ».  C’est pourquoi on peut distinguer deux pouvoirs : le pouvoir d’injonction, reposant sur la contrainte et supposant l’emploi possible de la force et le pouvoir d’influence reposant sur le consentement du gouverné. C’est la capacité d’offrir à un individu des gratifications matérielles ou symboliques en contrepartie du comportement suggéré. Aussi, il y a deux sources de pouvoir envisageables dont la première concerne les caractéristiques intrinsèques des acteurs et la seconde se trouve dans les structures de la société, économique politique et culturelle. Pour revenir à la question du statut, on peut dire qu’un individu n’a de pouvoir sur un autre non pas en vertu de ses qualités personnelles mais en fonction du statut qui lui est attribué.

  On ne peut parler de politique sans aborder la démocratie qui étymologiquement signifie » le pouvoir du peuple ». La question est de savoir qui détient le pouvoir ? Comment il l’a obtenu et comment il peut le perdre ?  C’est cela détermine le niveau démocratique d’un régime politique pouvant aller de la dictature à la démocratie directe. Dans un système simple, le pouvoir n’est qu’un rapport de forces mais en ce qui concerne les sociétés humaines, elles sont plus complexes impliquant tout un réseau d’obligations réciproques qui lient les personnes et les obligeant à se comporter d’une certaine façon quand ils sont placés dans certaines conditions, au risque sinon de tout perdre voir même d’être emprisonné. Il y a donc de nombreuses situations de pouvoir et de multiples façons de l’exercer de part son mode d’action, sa cible, son canal de diffusion…etc.

 Bien qu’il donne la possibilité d’agir, le pouvoir pose ainsi la question de la légitimité à savoir qu’il y a un ensemble des conditions pour avoir le pouvoir, c'est-à-dire avoir la possibilité de faire quelque chose. La légitimité, qui est la qualité de se qui est fondé de droit, en justice ou en équité, repose sur une autorité qui est fondées sur des bases juridiques, des bases empiriques ou morales, permet de recevoir le consentement d’autrui. Certains groupes, notamment les groupes minoritaires sans vouloir forcément réclamer le pouvoir, demandent une certaine légitimité d’existence car certains problèmes d’équités ne peuvent être traités efficacement dans le cadre strict du droit. C’est le cas des féministes, qui revendique un certain pouvoir d’exister en tant qu’individu, en tant que femme, et non plus en tant que mère ou femme au foyer. Pour cela elles montent des associations en tout genre comme par exemple l’association « ni pute, ni soumise. » et elles ont une telle force de conviction qu’on les retrouve aujourd’hui en politique. N’est ce pas par la force des choses que les minorités veulent désormais se faire entendre ? Entendons par là, par le fait de les avoir toutes mise à l’écart de l’histoire. Peut-être que se besoin de reconnaissance en tant que groupe minoritaire fait partie d’une volonté encore plus forte de l’individu d’être reconnu en tant que personne, sans pour autant se sentir différente ?

 

 

C°)  UN MODELE BINAIRE :

 

 

  Qu’est ce que le modèle binaire ?

 

  Selon les croyances traditionnelles de nos sociétés occidentales, nous naissons soit homme soit femme. Cette vision du monde va de pair avec le discours scientiste prédominent à notre époque. En effet, le déterminisme sexuel et avant tout d’ordre biologique et ne comprend aucune exception. Pour preuve, ce sont les médecins qui se font complices de ce système en déterminent eux même le sexe des enfants intersexués selon la taille de leurs pénis mesurés grâce à un outil nommé phall-o-mater. Un ustensile encore une fois déterminé scientifiquement dont l’échelle est subjectif ; si les organes font moins d’un pouce, le médecin a le droit de mutilation. Cette décision déculpabilisent du fait que le castrateur utilise un objet, n’en est pas moins radicale pour autant, forçant l’enfant à s’identifier à un sexe qui n’est peut être pas le sien. Le genre comme  facteur d’identification d’une personne réduit en effet celle-ci aux seuls aspects physiques de son corps et d’elle-même. Malgré une évolution de la vision pathologique des choses, les médecins effectuent en moyenne cinq opération de ce genre chaque jour selon des chiffres donnés par l’organisation internationale des intersexués.

  L’histoire, la littérature, les sciences et bien d’autres domaines qui participent au fondement même de la société ne comptent que très peu de femmes dans leurs travaux. Ainsi, celles-ci n’existent pas réellement d’un point de vue épistémologique. Mise à part Jeanne D’arc dont tout le monde se rappelle et enventuellement Marie Curie qui heureusement avait son mari, la femme reste trop absente dans les livres d’histoire. C’est comme si elle n’avait pas participé à notre évolution. Le statut de la femme reste figé dans un schéma narratif maritatif.  De plus, ce qui la différentie de l’homme, la procréation et aussi ce qui fige son image son image et exclu du même coup les femmes qui ne peuvent ou ne veulent pas avoir d’enfants.

  Le système binaire est profondément ancré dans les esprits étant fabriqués ses marques et représentations sociales. Il s’expose aujourd’hui quotidiennement dans la plupart des familles. Rien ne vient vraiment perturber cet ordre des choses. Biensur quelques mouvements ont donné lieu à des transformations mais rien d’assez conséquent pour remettre en cause ce modèle, voir de le reconstruire. Dans notre société, l’homme règne en maître avec son phallus tout puissant. C’est lui d’ailleurs qui est la cause de la plupart des « bêtises »infantiles pour reprendre le terme qu’employé le petit Hans pour parler de ses fantasmes enfantins. L’homme est le chef de famille, le père, le premier qui a marcher sur la lune, il fait la guerre …il est l’acteur principale de l’histoire, valorisé socialement a tel point que très souvent les femmes veulent avoir un fils en premier.

  Cette séparation homme/femme, est renforcée par des stéréotypes créés de toute pièce culturellement et de façon inconsciente. En effet la femme est frêle, fragile, douce, quand à l’homme il est viril, fort… l’opposé. Comme si il fallait créer une frontière infranchissable entre ses deux mondes pour éviter toute confusion. Est-ce en lien encore une fois avec le besoin de cohérence et de contrôle ? Loin d’être biologique pourtant, la masculinité  et la féminité sont aussi des constructions culturelles et sociales. Marie-Hélène Bourcier dans un article sur la campagne de Ségolène Royale nous donnes une bonne précision concernant la masculinité : « Masculinité est une arme politique pour les féministes, en politique et ailleurs, qui depuis les suffragettes en passant par la nouvelle femme des années 30 savent bien que les appropriations de la masculinité qu’on leur reproche comme autant des manquements à leur féminité révèlent bien plus l’interdiction d’accès à certaines tâches et masquent ml la fragilité de la caution masculiniste : si la masculinité est culturelle, son lien naturel et attributif avec le pouvoir peut être défait. La masculinité, ses codes et ses privilèges ne sont pas réservés aux hommes biologiques ».  Les propos rapportés ci-dessus mettent l’accent sur cette position biologique et sociale à laquelle ces deux mondes parallèles sont confrontés. La femme n’a pas le droit de porter des attributs masculin et inversement. Pourtant, un homme peut être beaucoup plus féminin qu’une femme et vis et versa. Il suffit de regarder Vincent Mcdoom. C’est là que se pose le problème du physiologique et du psychique, si les deux ne sont pas en accords en vue du modèle binaire, qui sont ses sujets ? Des mutants ? Dans le système binaire, l’homme et la femme sont marie avant de faire des enfants, lui va travailler à l’exèdre et elle reste à la maison. Peut être a-t-il des relations extraconjugale mais il a une excuse il travail trop. C’est cette représentation  stéréotypique du couple hétérosexuel, pouvant engendrer des motivations sexistes qui servent de modèle à la constitution individuelle. Il semble normal alors qu’aujourd’hui, les choses on besoin d’être réévaluer et reconstruite car ne semblant déjà pas convenir au couple hétérosexuels, quand est-il des personnes qui diffèrent en tout point de vue avec cette conception comme par exemple les homosexuels ? De plus le système binaire, par son modèle unique guide aussi notre sexualité.

 

 

D°) SEXE ET POLITIQUE :

 

 

  La société vie une monté en puissance de l’image, qui peut se rapporter à une certaine américanisation de la vie politique française. En effet aujourd’hui, les personnages politiques s’expriment autant par leur discours que par leur apparence. Rappelons nous ce que nous avons retenu en ce qui concerne le corps dans la société contemporaine : le corps est exploité comme une marchandise visant à la réussite individuelle et une vraie machine nous permettant de jouir toujours plus. Prenons l’exemple de cet homme qui s’est fait embauché pour que son corps soit un support publicitaire. Cela nous montre qu’il n’y a plus de limite, rien ne semble désormais irréalisable avec son corps. Pour preuve, un homme va bientôt accoucher ! Les propos rapporter tel quel dans les médias ne précisent pas d’emblé que cet homme en à l’image mais pas les attributs. Mais ce qui choque à première vue peut encore s’expliquer biologiquement et ça c’est plutôt rassurant.

  La sexualité est le domaine propice à ce laisser aller de jouissance, nous donnant le droit de redevenir des pervers polymorphes, car même la nudité n’est plus un secret pour nous. A présent conditionné dés le plus jeune âge à voir des corps nus jusque dans la publicité pour la lessive.

  La vie privée est mise en scène pour séduire. Ainsi la bataille politique aujourd’hui va au-delà des idées. Nous rentrons dans une politique spectacle ou les meetings sont organisés comme des concerts et les personnages politiques multiplient les rencontres télévisées devenant d’apparence plus accessible. Ce phénomène est lié à une dérive politique mais entretenue par nous tous. Il s’agit d’une mise en scène personnelle, ou les personnages jouent un rôle, avec un subtile mélange de dévoilé/caché. Aider de leurs conseillers en communication, ils construisent leurs propres images en essayant d’être le plus conforme possible aux attentes de leur public. Tout cela participe  à une véritable érotisation de la vie politique. Non l’homme politique n’est pas asexué, c’est ce que nous dévoile Christophe Dubois et Christophe  Deloire dans leur livre Sexus politicus sur le libertinage de la cinquième république. Ils citent dans leur préambule que le sexe, l’amour et la politique sont étroitement liés depuis des siècle : «  Au diz huitième, la Maintenon et la Pompadour ont régné sur le cœur et la politique du roi » Ils précisent aussi «  La séduction n’est plus que jamais au cœur du système politique et à la cours de l’Élysée. » La Pompadour actuelle serait alors Carla Bruni, ancien mannequin dont l’image impeccable ne serait qu’un leur censé séduire les électeurs ? Ou bien l’image même d’un président divorcé dérangerait les bonnes mœurs ? Alors qu’on assiste à une peepolarisation de la politique, le sexe omniprésent dans la culture contemporaine ne peut qu’être une nouvelle arme politique, une source de pouvoir pourtant relativement personnel de prime abord.

 

 

E°)  CITOYENNETE ET IDENTITE :

 

 

  Comment parler de la société, de la démocratie sans aborder le statut de citoyen qu’acquiert automatiquement l’individu. Cette condition nous apporte une certaine équité du point de vue statuaire, elle est un principe de légitimité juridique. De manière générale, un citoyen est une personne qui relève de l’autorité et de la protection d’un état et par suite jouit de droits civiques et de voir envers cet état. Chaque citoyen exerce à sa façon la citoyenneté telle qu’elle est établie par les lois et intégrée dans l’ensemble des mœurs de la société à laquelle il appartient. Dans les sociétés contemporaines régit par l’autorité patriarcale comme en France, le terme citoyen est un signifiant qui dés la naissance se greffe à l’individu, faisant donc partie de identité. La citoyenneté se réfère directement à des codes, des règles qui sont assimilés de manière inconsciente. Ce signifiant est d’autant plus fort qu’il est imprégné d’histoire. Les anciens d’Algérie par exemple on un vécu de cette citoyenneté et donc ont surement une identité forte de citoyen.

  La citoyenneté nous permet de créer un cadre d’union transcendant les inégalités sociales. Cependant, bien que nous soyons citoyens à plein temps, les occasions de jouir pleinement de cette faculté sont rares ou temporaires à l’image d’un vote ou d’une guerre. De plus la, société actuelle plus individualiste place au second plan cette partie de nous même. En tant que citoyen, nous jouissons aussi d’un droit individuel d’obtention de la carte nationale d’identité, document officiel d’identification de la personne. Cet objet inclus donc l’appartenance à une identité culturelle étant donné qu’elle est délivrée par l’Etat lui-même. Âge, sexe, date de naissance, lieu de naissance, ces informations nous donnent une origine, un label biologique, géographique et généalogique comme pour certifié de notre provenance à la façon d’une viande bovine. C’est ce qui nous donne le droit de vivre en tant que personne sur notre territoire de naissance. La carte d’identité représente notre corps et s’accompagne d’attributs propres. Nous sommes qualifiés par des mots, des signifiants qui associés forment une structure de notre personne. Cependant, certains n’ont pas cet accès direct de leur personne et doivent donc faire une demande d’acquisition de l’objet. Dans la plupart des pays hormis la France vous devez même acheter votre carte d’identité. Cette demande de reconnaissance de l’identité passe nécessairement par l’autorité pour donner le droit à cette identité culturelle. C’est tout le problème des sans-papier. Si ils n’ont pas l’objet, carte d’identité ils ne peuvent intégrer le cercle vip de la république française a moins bien sur de participer activement au bon maintien de la société. Pour preuve cette nouvelle lois de régularisation des sans-papiers ayant un emploi. Moyen de contrôle, la carte d’identité reste très normative et pas toujours très fidèle à la réalité. En effet les informations qualificatives qui nous sont attribuées peuvent être bien différentes du moment de délivrement de la carte. Notre moi évolue dans le temps de même que notre physique, notre apparence. Certains demandent la double nationalité, d’autres changent de noms, de sexes et cela prouve que la carte dite d’identité qu’un symbole symbolique de notre appartenance à la société. Elle na rien à voir avec notre personnalité mais elle est pourtant une preuve de notre existence. Pour faire face à ce problème de non-conformité de la carte d’identité ainsi qu’au  problème plus menaçant pour la société de falsifiabilité de cet objet il sera bientôt intégré dans le corps nous transformant de ce fait nous même en objet. Le corps support de la science, qui est déjà investi symboliquement par la société va y être définitivement greffé physiquement, au détriment de la liberté individuelle. Pourtant, il faut bien rappeler que la nature elle-même nous a déjà dotées d’un système de validité de notre identité grâce a notre empreinte digitale. Nous pouvons alors nous poser la question  de la fonction réelle de la carte d’identité si ne n’est de nous  conférer des droits et des devoirs ? Du corps moyen de contrôle de notre identité ?

  Le terme d’identité vient du latin, idem (le même). Sa définition première nous renvoi à cette notion d’égalité ; Ce qui fait qu’une chose est de même nature qu’une autre. L’identité est indissociable de la personnalité. Nous avons tous une origine et des attributs qualificatifs. En revanche, il y a plusieurs de degrés d’identité selon que l’on place du point de vue personnel ou collectif. Aussi, en psychologie, l’identité c’est la reconnaissance de ce que l’on est, par soit même ou par les autres. En psychanalyse on parle de représentation du moi. La construction de la personnalité se fait par auto-descriptions de l’image que l’individu a de sa propre personnalité. Les enfants utilisent beaucoup l’auto description. C’est un mouvement à la fois de rapprochement et d’éloignement de l’autre qui comprend des aspects affectifs et intellectuels. Là aussi, n’oublions pas le Langage car en effet l’enfant doit pouvoir se constituer par des mots. Critères puisés dans la relation à l’autre sous forme d’intégration sociale et persistent sous forme de traits à l’âge adulte. Enfant, la construction du moi, n’est qu’une perpétuelle reconstruction en fonction de l’expérience, par exemple en se projetant sur des personnages archétypaux du monde réel. (Princesse, héro.etc) A l’âge adulte, cette auto description (auto construction) devient plus stable surement en rapport avec le besoin de consistance de l’individu. Cette stabilité de la représentation du moi permet d’entretenir le lien social par une certaine prévisibilité et l’individu ne cesse de faire des références à lui dans ces conversations comme pour convaincre l’interlocuteur de ce qu’il est vraiment. Peut-être essaye t-il d’ailleurs de ce convaincre lui-même ? Il y a donc une confusion possible entre la stabilité de la représentation du moi et la stabilisation du moi. L’opération est délicate, car beaucoup de facteurs en plus de la structure même du sujet participent à cette construction. L’identité est un système dynamique, à la fois processus et structure qui bien qu’en construction permanente demeure une organisation stable dans le sens ou elle est interne au sujet et en interaction avec l’extérieur. (Le soi : pôle interne et le moi : tourné les réalités extérieurs). Les dimensions sociales et individuelles s’interpénètrent donc intimement.

  D’où certains problèmes menant jusqu’à l’auto aliénation absolue. On peut comprendre alors que dans cette société d’image et individualiste la question de l’affirmation de l’identité soit une  très importante.

 

 

F°)  GENRE, SEXE ET SOCIALISATION :

 

 

  A l’image du système binaire vu précédemment, le genre est dans notre société soit féminin ou masculin, il n’y a pas d’alternative. La figuration de cet état sur notre carte d’identité ne fait que renforcer la crédibilité du système. Nous avons tout  un genre en commun, le genre humain qui montre bien que le féminin/masculin n’est rien d’autre qu’une classification historique de l’être humain produit par un souci pratique de classification phylogénétique. On voit alors qu’au sens plus large, le genre correspond à une sorte de chose parmi d’autres. Il est d’ailleurs au sixième rang principal de la systémique classique des espèces vivantes. Par exemple, le genre humain se différencie du genre animal par certaines caractéristiques qui le compose. Bien sur cette démarcation fait une nouvelle fois appel au biologique comme déterminent de notre condition. Le genre dans notre société fait directement référence au sexe féminin ou masculin. Cependant dans la signification première de ce terme, c’est une notion plus abstraite et assez intuitive, présente dans le vocabulaire courant avant d’être adoptée par les naturalistes. C’est pour cette raison que l’on trouve dans certaines disciplines comme la mycologie, un découpage encore plus fin du genre. (sous-genre/section/stirpe).

   En psychologie sociale, le concept genre a été créé pour faire référence aux différences non-biologiques distinguant les hommes des femmes. D’où une possibilité de parler de genre hétérosexuel et de genre homosexuel. Cependant, pour reprendre ce que nous avons vu plus haut, ce terme abstrait peut être découpé encore plus finement. De ce fait, nous avons beaucoup d’autres genres que celui homme/femme ; le genre bisexuel, transsexuel,…pour ne citer que ces deux là. En France, le système binaire est tellement ancré que même sa grammaire n’admet pas de neutralité. Pourtant, le genre permet de définir l’appartenance à un style ou a mouvement, par exemple, le genre musical, littéraire, politique. Le mouvement Queer que nous verrons plus en détail dans la troisième partie fait directement référence à ce besoin de revendication d’un nouveau genre et ceci est lié à une certaine revendication identitaire ainsi qu’a besoin de reconnaissance sociale. Dans les courant de recherches, notamment universitaire, le genre n’est apparu que tardivement, dans les années quatre vingt sous la forme de «  gender studies ». D’abord raccordé au mouvement féministe, bien que très délicat a manipulé, nous a permis de voir que le genre est d’abord une construction culturelle est non une donnée naturelle. Notons tout de même une différence entre les approches essentialistes et non essentialistes du genre ; faisons un bref récapitulatif de ces deux pensées.

  Les essentialistes :

  Ils s’attachent à l’étude des essences et réactualise le débat nature culture, plaçant la différence des sexes au premier plan. Ils pensent qu’il existe des différences biologiques et psychologiques fondamentales définissant les essences masculines et féminines.

  Les non essentialistes :

  Souvent d’inspiration post-moderniste ou poststructuraliste, ils estiment que c’est la construction des relations de genre, caractérisés par un lien de domination qui amène dans un second temps, l’idée d’une différenciation des sexes, elle-même culturellement construite. Ce courant de pensée adopté par Butler, Delphy…insiste sur la multiplicité des identités de genre et estime que l’identité sexuelle est le résultat d’une identification à partir des catégories identitaires culturellement transmises et non une réalité naturelle opposable au genre, produit culturel. Selon Delphy : «  Si le genre n’existait pas, ce qu’on appel le sexe serait dénué de signification et ne serait qu’une différence physique parmi d’autres. ». Cette affirmation illustre assez bien ce mouvement.

En psychanalyse et plus particulièrement si l’on se concentre sur l’œuvre de Sigmund Freud  (avec le livre ; Trois essais sur la théorie sexuelle), la notion de genre est au début étrangère. En effet Freud s’intéressé à la sexualité, à la différence des sexes, mais il ne traitait pas directement de la notion d’identité. La notion de genre est née bien plus tard, en Amérique. Elle puise son origine vers 1950, dans les travaux du psychologue John Money concernant les enfants intersexués ou hermaphrodites. Ce n’est qu’en 1955 qu’apparaît l’articulation genre et sexe, reprise par le psychanalyste Robert Stoller pour mieux appréhender les patients transsexuels. Ces travaux nous montrent que l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle ne se superposent pas. Selon Freud et Lacan, le subconscient est un lieu d’émergence de la division sexuelle et un lieu d’instabilité constante pour le sujet sexué. En Français, en Anglais, en Allemand, le mot sexe a une double signification, à la fois organe sexuel et identité sexuelle. Être sexué et avoir un sexe sont alors confondu. Castration et perte d’identité seront liés sémantiquement.

La psychanalyse qui s’intéresse au développement de l’enfant sous la forme d’une théorie de la relation à l’objet, comme l’école Anglo-américaine, montre combien le genre et déterminé par les relations au père et à la mère et par l’expérience domestique. En France, au travers de Lacan, on insiste beaucoup plus sur l’influence du Langage dans la formation et les représentations d’identités de genre. Il y a donc une construction culturelle des identités et des sexes et cette construction passe forcément par un processus de socialisation. C’est pour cette raison que parfois l’individu « se donne un genre » pour pouvoir s’intégrer plus facilement dans cette société faite de domination patriarcale et de différenciation biologique entre homme et femme.  Pour reprendre un terme de Delphy, les différences universelles et historiques sont le point de départ de la construction des inégalités de genre. En fait il y a plusieurs genres d’hommes et de femmes qui adoptent des genres particuliers de vie, de sexualités…etc. et dans ces différentes sortes de choix possibles certains sont valorisés ou non créant de ce fait des minorités, des sous-catégories.

 

 

 

 

LE MOUVEMENT QUEER :

 

 

A°)  ORIGINE DU MOT ET THEORIE QUEER :

 

 

  Le mot Quai est anglais. Utilisé comme insulte envers les homosexuels, il fut récupéré et parodié par des militants et intellectuels gays, transsexuels, transgenres, bisexuels à partir des années 80. En France, il est plus connu sous le nom d’une série télé qui fait passer les homosexuels pour des gens branchés, réduisant ce terme en une tendance. Cependant, le mouvement Queer est d’abord un point de ralliement pour ceux qui, hétérosexuels compris ne se reconnaissent pas dans l’hétéro sexisme de la société et cherchent à redéfinir les questions de genre.

  En effet les origines du mouvement Queer sont multiples comme par exemple le mouvement homosexuel bien qu’il ne semble pas nous fournir d’antécédents théoriques ou politiques. D’une façon générale, ce mouvement provient de toutes les tendances en opposition à la société, ou plutôt en inadéquation avec elle. De plus, la société  ayant créé de nombreuses minorités n’a fait qu’accroitre un besoin de revendication de chacun. Du nègre, au féministe en passant par les homosexuels l’autorité et ses lois, au vingtième siècle les contraints à abandonner leurs propres personnalités pour qu’ils se confondent avec la citoyenneté. Prenons l’exemple de ce qui a conduit indirectement à a la création de la « Gay Pride », la loi Américaine qui interdisait le port de vêtements masculins par une personne de sexe féminin et inversement. En 1969, l’arrestation d’homosexuels a cause de cette loi a fait l’objet d’émeutes, preuves des premières revendications identitaire et politiques. Cette revendication connue plus vulgairement aujourd’hui sous le nom de « coming out », est devenue un trait prépondérant de l’homosexualité actuelle. Parmi les origines multiples du mouvement Queer, ces racines idéologiques se trouvent dans le féminisme Américain des années 80. Avant cette date, le féminisme, comme d’autres mouvements semblables, espérait que le progrès social viendrait par un changement de législation. Les arguments pour le passage de législations progressistes ont perpétuellement fait la comparaison entre le groupe minoritaire en question et le citoyen universel, c'est-à-dire l’homme riche et blanc. Quelle que soit la raison, plusieurs mouvements ont commencés après les années 70 à contester cette image du citoyen universel, et à valoriser leur propre agency (mot utilisé dans la théorie Queer et qui signifie avoir la possibilité d’agir en tant que sujet). Cette tendance se distingue par un besoin de l’individu de se distinguer de la société comme on peut le voir sous Mai 68. Pour d’autres comme les gays et lesbiennes, elle représente  une volonté de provoquer une rupture du système binaire et surtout de faire en sorte que l’homosexualité ne figure plus sur le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

  Bien qu’elle soit considérée comme l’héritière du féministe, l’homophobie prévalente de le deuxième vague, sa concentration sur les pratiques sexuelles et surtout la division qu’elle engendrait, ont fait naitre la théorie Queer au début des années 90. Elle critique principalement la notion de genre, le féminisme, et l’idée préconçue d’un déterminisme génétique de la préférence sexuelle. Considérant le genre comme un construit et non comme un fait naturel, la théorie Queer est avant tout une possibilité de repenser les identités en dehors des cadres normatifs d’une société envisageant la sexuation comme constitutive d’un clivage binaire entre les humains, ce clivage étant basé sur l’idée de la complémentarité dans la différence et censé s’actualiser principalement par le couple hétérosexuel. La théorie Queer avec son intérêt pour les implications de sexualité et de genre, reste surtout une exploration de ces implications en termes d’identité. Ainsi, la nature provisoire de l’identité Queer implique beaucoup de discussions tant au niveau théorique que social, sur la façon de définir cet adjectif. La théoricienne Queer Eve Kosofsky a exploré cette difficulté de définition, remarquant que même si le terme change beaucoup de signification selon qu’il s’applique à soi ou à un autre, «  Queer a l’avantage d’offrir, dans le contexte de la recherche universitaire sur l’identité de genre et l’identité sexuelle, un terme relativement neuf qui connote étymologiquement une traversée des frontières mais qui ne réfère à rien de particulier, laissant donc la question de ses dénotations ouverte à la contestation et à la révision. » D’où peut être les interogations et oppositions entre les universitaires et non universitaires.

Grâce à sa nature éphémère, l’identité Queer, malgré son insistance sur la sexualité et le genre, semblerait s’appliquer a presque tout e monde : qui ne s’est jamais senti un jour inadéquat face aux restrictions de l’hétérosexualité et de rôles de genre ? Si une femme est dite, un garçon manqué, est-elle Queer ? Les hommes, se faisant des couleurs, prenant de plus en plus soin d’eux, sont-ils Queer ? Pour cette raison, la plupart des théoriciens Queer insiste sur l’auto-désignation de cette identité.

  Avec le genre, la sexualité compose un des thèmes principaux de la théorie Queer, et comprend des recherches sur la prostitution, la pornographie, les non-dits de la sexualité entre autres. Sujets relativement tabous comme on a déjà pu le voir l’hors de la sortie du livre de Freud sur les trois essais concernant la sexualité qui n’a pas eu au départ le succès es conté. Cent ans après même débat, mêmes interdits. Le terme Queer, de part sa nouveauté et sa fraicheur, offre beaucoup plus d’innovation que d’autres termes comme « gays » et « lesbienne ». Lorsqu’un interlocuteur se désigne comme Queer, il est impossible de déduire son genre. Teresa de Lauretis, universitaire italienne enseignant aux Etats-Unis, a été la première à employer le terme Queer afin de décrire son projet théorique, espérait qu’il aurait des applications pareilles pour le rapport entre la sexualité et la race, la classe et d’autres catégories que le genre. Pourtant, en dehors de l’université, quand le terme Queer réfère à la sexualité, il est souvent un synonyme pour les homosexuels, parfois les bisexuels et englobe beaucoup moins souvent les transgenres. L’exclusion commune des transgenres de cet usage populaire peut être dû au fait qu’un transgenre exprime des rapports différents avec le genre et la sexualité. Beaucoup de transsexuels, s’inspirant de la théorie Queer au niveau sexuel et genré, préfère à se distinguer des transgenres traditionnels (qui se réfère binarisme de genre) par l’usage des termes « gender Queer » et « FtN ou MtF » c'est-à-dire femelle à neutre ou mâle à neutre.

  Les enquêtes Queers sur le genre cernent surtout les instances déviantes du genre ainsi que les séparations de genre et de sexe biologique. S’appuyant sur l’idée de la féministe Simone de Beauvoir qu’on «  ne naît pas femme, on le devient », Judith Butler a été la première théoricienne Queer à aborder cette séparation de sexe et de genre mais la théorie. Elle s’est aussi beaucoup à la parenté et aux revendications identitaires en général. Dans Antigone’s Claim et The Psychic Life of Power, Judith Butler s’est donnée la tâche d’expliquer pourquoi on insiste sur une revendication identitaire qui peut mettre quelqu’un en danger, en suscitant une violence physique ou psychique. Presque tout le travail Queer partage une résistance théorique à l’essentialisme et aux prétentions totalisantes c’est d’ailleurs ce qui rend ce terme si difficile à décrire. De plus, il existe au sein même de ce mouvement des différences de point de vue. Notamment au regard des études universitaires et non-universitaires. En effet, les travaux universitaires s’intéressent peu au militantisme et à la pratique et engagement politique, qui joue pourtant un rôle prépondérant dans le mouvement Queer. C’est pourquoi, les textes les plus influents depuis les années 90, proviennent plus du milieu populaire. L’évolution des moyens de communications n’a fait que renforcer cette possibilité d’action du peuple Queer. Les blogs, les zines, sont en effet de nouveaux outils qui privilégient l’auto-identification et l’importance de raconter son histoire soit même. Par exemple, l’autobiographie de Leslie Feinberg nommé Stone Butch Blues est l’un des premiers livres écrit par une transsexuelle et revendiqué comme tel. Elle y montre toute une ambivalence vers les identités masculines et féminines et  habite toujours la liminalité du genre et de la représentation. Dans une autre publication, elle examine les perceptions corporelles qu’on utilise pour déterminer le genre d’une personne, y compris le statut des vêtements et les structures sociale qui ont historiquement été ouvertes ou fermées à la variance de genre. La difficulté et la force du mouvement Queer réside dans le fait qu’étymologiquement, cette théorie n’a pas de précédant direct, c’est pourquoi certains théoriciens Queer cherchent à se réapproprier l’histoire en essayant de trouver des preuves de ces déviances de genre dans la littérature, l’histoire de France …etc., comme par exemple dans le livre Queer Critics. C’est pour cette même raison que les théoriciens Queer rejettent pour la plupart la psychanalyse, ne la considérant pas assez détachée du système binaire c’est pourquoi il est intéressent d’aborder la sexualité d’un point de vue psychanalytique avant d’étudier plus en détail, le fonctionnement même du mouvement Queer.

 

 

B°)  SEXUALITE :

 

 

  Avant de ce concentrer plus particulièrement sur la conception de Freud au sujet de la sexualité autour du livre «  Trois essais sur la théorie sexuelle », voyons d’abord la définition qui nous est donnée dans le dictionnaire (Larousse 1988) ; Ensemble des caractères spéciaux, externes ou interne, que présente les individus, et qui sont déterminés par leur sexe.

  Ensemble des phénomènes relatifs à l’instinct sexuel et à la satisfaction.

En psychanalyse, Ensemble recouvrant le plaisir lié au fonctionnement de l’appareil génital et les plaisirs liés à l’exercice d’une fonction vitale s’accompagnant par étayage, d’un plaisir immédiatement sexuel.

  Toutefois, la définition de ce mot change en fonction des époques, des théories et des cultures. Etymologiquement, les mots, sexualité, sexué et sexe sont dérivés du mot latin sexualis et sexus, mais l’origine de sexus qui signifie sexe est discuté. Elle proviendrait soit du latin sécare  (couper/diviser), soit du latin sequi (accompagner).Néanmoins, quelque soit l’origine de ce mot, l’important est que cette racine latine indique la séparation des sexes, caractéristique principale de la reproduction sexuée. Tous les mots de cette famille font références à ce phénomène biologique fondamental. La reproduction sexée renvoie elle-même à deux aspects ; un état sexué, caractérisé par l’existence d’un organe et les conséquences de cet état qui se traduisent par des phénomènes spécifiques au niveau anatomique, physiologique, comportementale et psychique.

  Le mot sexualité est apparu au dix neuvième siècle mais dans le sens moderne, elle représente l’ensemble de diverses modalités de la satisfaction sexuelle. Pour la majorité des personnes, la sexualité est une notion assez vague et se réfère en général aux organes génitaux, aux zones érogènes ainsi qu’ la notion de plaisir. 

Comme on peut le constater en vue de ses différentes définitions, la sexualité est un terme difficilement explicable du fait qu’il touche l’être humain au plus haut point agissant sur l’ensemble des modalités de notre corps. Bien que par définition se mot se réfère a un phénomène biologique, la reproduction doit être précédée d’un comportement sexuel censé préparer cet acte. C’est en ce sens que la sexualité mêle le physiologique et le psychique. Freud parle de « corps étranger sexuel » caractérisant l’arrivée de l’excitation sexuelle. En effet, on peut dire que la sexualité nous échappe dans le sens de son incontrôlabilité. Ce « corps étranger sexuel » guide nos émotions, notre affectivité, et notre plaisir sans que nous puissions réellement le maîtriser. Selon cette conception, la sexualité n’a pas pour but la procréation et échappe de ce fait à l’ordre de la nature. Pour Freud, elle est même contre nature. Si dans l’époque moderne la sexualité est l’ensemble de diverses modalités de la satisfaction sexuelle comment l’individu arrive t-il a faire avec ? Pourquoi celle-ci guide telle l’ensemble de nos relations avec la société ?

En guise d’introduction de la notion de sexualité développée par Freud relisons ensemble la présentation de son livre (Trois essais sur la théorie sexuelle) publié en 1905 :

  « Devant le fait que les penchants pervers étaient largement répandus, l’idée s’imposa à nous que la prédisposition aux perversions était la prédisposition originelle et universelle de la pulsion sexuelle humaine, à partir de laquelle le comportement sexuel normal se développait au cours de la maturation sous l’effet de modifications organiques et d’inhibitions psychiques. Nous espérions dégager la prédisposition originelle dans l’enfance ; parmi les forces qui délimitent l’orientation de la pulsion sexuelle, nous avons mis en évidence la pudeur, le dégoût, la compassion et les constructions sociales de la morale et de l’autorité. C’est ainsi que nous avons été amenés à voir dans chaque déviation fixée de la vie sexuelle normale une part d’inhibition du développement et d’infantilisme. ».

  Ce premier extrait résume bien la complexité de la sexualité humaine et Freud à cette époque où la sexualité était réduite au second plan, nous fait une révélation qui semble inconcevable à l’individu ayant oublié par un processus défensif, ses souvenirs d’enfant ; « l’enfant est un pervers polymorphe ». Comment concevoir ou encore admettre cette définition de l’enfant dans une société ou le modèle binaire est prévalent et l’enfant vue comme un petit ange idolâtré par ses parents ? Cependant, en vue des remises en question actuelle de la société par ses membres, nous ne pouvons parler de sexualité sans évoquer la pensée Freudienne. Dans son ouvrage, Freud veut nous montrer que la vie psychique commence dés la naissance par la création d’espaces qui se forment au-delà de la satisfaction des besoins physiologiques, mais en s’appuyant sur ceux-ci. De plus, l’être humain expérimente donc la vie pulsionnelle dans un premier temps au travers de plusieurs zones érogènes. Ce n’est que plus tard qu’il  accèdera à une conscience de son unité corporelle mais il restera toujours marqué par ce morcellement pulsionnel initial. Quand Freud dit que « les  enfants sont des pervers polymorphes », il veut rappeler que nous sommes tous passé par une étape première de notre vie sexuelle, ou la satisfaction de chacune des zones érogènes a prévalu pour elles mêmes. On peut alors constater que l’éducation et les modèles sociaux nous on appris un certain modèle sexuel qui finalement est  a reléguer au second plan du fait qu’en plus, il peut entrer en conflit avec la satisfaction pulsionnelle, comme c’est sans doute le cas pour les membres du mouvement Queer.

  Freud nous présente aussi la notion de pulsion, qui puise sa source dans le corps. C’est un état d’excitation qui oriente l’organisme vers un objet grâce auquel la tension sera réduite. C’est une charge énergétique qui fait tendre l’appareil psychique vers un but. Dans la sexualité infantile, ce sont les pulsions partielles qui sont à l’œuvre et sont rassemblés comme préliminaires de la pulsion génitale adulte, d’où l’importance ce l’infantile dans la construction du sujet. Bien sur l’œuvre de Freud et beaucoup plus complexe nous pourrions parler aussi de libido du moi, libido d’objet…de pulsion de vie et de pulsions de mort apporté par Freud après 1905 mais nous nous concentrerons ici seulement sur cet importance de l’infantile et sur cette notion de perversité qui permet en quelque sorte de séparer la sexualité en deux pôle entre sexualité normal et contraire pour tenter de comprendre en quoi les Queer peuvent passer aujourd’hui pour des gens anormaux, pervertis ? Mais aussi pour voir en quoi ils sont des héritiers du petit pervers polymorphe.

  Freud dans son livre, met l’accent sur la normalisation du système binaire ; « La belle illustration de la théorie populaire de la pulsion sexuelle est celle de la fable poétique de la séparation de l’être humain en deux moitiés, homme et femme, qui aspirent à s’unir à nouveau dans l’amour. »  Partant de cette citation, et grâce a l’exemple de l’homosexualité il fait la démarcation entre que nous allons appeler dans un but pratique une sexualité normale, une autre, dite contraire pour représenté les personnes invertis et la perversion. A la lecture du chapitre un sur les aberrations sexuelles, nous ne pouvons que constater l’importance de la pulsion chez l’individu. Concept à la limite du somatique et du psychique, la pulsion comprend trois composantes ; la source, le but et l’objet. Dans l’inversion, c’est l’objet sexuel qui est déviant, différent de la sexualité dite normale. Par exemple, on distingue les invertis absolus qui on pour seul objet sexuel le même sexe que le leur ou bien les invertis amphigènes, qui on pour objet sexuel à la fois l’un et l’autre sexe, perdant un caractère d’exclusité. Mais il existe une troisième catégorie quelque peu différente pour les invertis occasionnels, qui sous certaines conditions externes, bien qu’attiré par un objet sexuel similaire au leur, peuvent prendre aussi un objet sexuel opposé pour satisfaire ses besoins sexuels. Nous pouvons d’hors et déjà dire que certains partisans du mouvement Queer, à la lecture de ce livre, doivent  se retrouver dans le fonctionnement des inversions décrites par Freud. Cependant, les propos qui vont suivre illustrent bien ce qui diffère en premier chez les Queer et non-Queer, (entendons par ce terme les personnes qui peuvent faire partie du mouvement, mais qui ne peuvent le faire car elles ne s’acceptent pas) à savoir l’autoproclamassion ; « les invertis présentent un comportement varié quant au jugement qu’ils portent sur la singularité de leur pulsion sexuelles. Les uns assument l’inversion comme quelque chose qui va de soi, à l’instar de l’individu normal pour l’orientation de sa libido, et défendent avec ardeur le droit pour l’inversion d’être mise sur le même plan que la sexualité normale. D’autres cependant se révoltent contre le fait de leur inversion et la ressentent comme une contrainte morbide. »  Certains théoriciens Queer rejette la psychanalyse la trouvant elle-même structurée en fonction du binarisme homme/femme sans porter d’importance  à certains auteurs comme Freud, fessant à leur tours de la discrimination. Pourtant, Freud nous apporte beaucoup d’éléments qui font question aujourd’hui encore en psychanalyse. De plus, il nous montre que la pulsion sexuelle et l’objet sexuel ne sont pas forcément dépendant et qu’ils sont liés de façon trop étroite en raison de l’uniformité de la conformation morale. Il a même énoncé qu’il soit «  probable que la pulsion sexuelle est d’abord indépendante de son objet et que ce ne sont pas d’avantage les attraits de ce dernier qui déterminent son apparition. »

  Après la déviation de l’objet, parlons maintenant de la déviation de but. Là aussi Freud se réfère à une certaine normalité du but en le défissent comme ; « l’union des parties génitales dans l’acte appelé accouplement, qui aboutit à la résolution de la tension sexuelle et à l’extinction temporaire de la pulsion sexuelle ». Conception idyllique du but sachant que même les couples hétérosexuels n’ont pas toujours cette conception. Pour preuve, les relations intermédiaires avec l’objet sexuel passant par le toucher, le regard et qui s’accompagnent d’un plaisir certain. Freud nous donne la preuve que la perversion se trouve même dans la sexualité la plus normale ; «  L’individu normal peut aussi, pendant tout un temps, substituer une perversion de ce genre au but sexuel normal, ou lui ménager une place à côté de celui-ci ».  Ce qui différencie réellement la sexualité dite normale de la perversion, c’est le degré même de cette différence, en référence à une certaine normalisation et celles qui s’éloignent le plus de la normal par leur contenu sont celles qui surmontent les résistances (pudeur, dégoût, horreur, douleur), des performances étonnantes (lécher des excréments, violer des cadavres).

Dans la société actuelle, qui prône le bien être, une sexualité affirmée et épanouie, on commence tout juste à accepter la possibilité d’un plaisir féminin. Partant de là, toute personne susceptible d’avoir une sexualité différente de la normal sera considéré comme étrange (signification du mot Queer), voir malade. Pour preuve, l’homosexualité au même titre que la perversion était qualifiée de dégénérescence précoce. Le mouvement Queer cherche à revendiquer une certaine légitimité de la sexualité.

 

 

C°)  QUEER ET CORPS :

 

 

  Nous savons que l’appropriation de son propre corps passe par des étapes très importantes du point de vu du développement à la fois psychique et physiologique. L’adolescence, période critique du fait de nos changements physique et de la découverte de notre sexualité d’adulte montre clairement que tous les individus ont des difficultés avec leur corps. De plus, sous l’angle de la psychologie, nous voyons que le fait d’appartenir a telle ou telle structure engendre aussi des différences au niveau du rapport au corps. Dans la société contemporaine et plus particulièrement en France, la structure prédominent est la névrose et c’est elle d’ailleurs, qui, rappelons le, a permis d’éclairer la sexualité. Cependant, le débat ici n’est pas de savoir de quelle structure sont les Queer, ce qui reviendrait à les aliéner dans une structure mais plutôt de savoir comment se débrouillent t-ils avec leur corps, sachant que celui-ci a une image bien défini selon les époques ?

  La définition du corps renvoie au terme corpus, qui signifie un ensemble de documents, regroupés dans une optique précise. Pour réutiliser ce signifiant, nous allons tenter à présent de déchiffrer le corpus Queer.

 

 

  Le corpus Queer comprend tout ce qu’on peut appeler les erreurs de la nature si l’on se fit bien entendu au modèle binaire ; homosexuels (gays et lesbiennes), bisexuels (occasionnels ou non), transsexuels, transgenres, drag Queen, drag King … il regroupe tous les invertis revendiqués du dix neuvième et vingtième siècle. Certain les nomme même Allo sexuel, néologisme qui se veut un mot unificateur  pour le concept de la diversité sexuelle. Pour tenter de voir plus clair dans cette profusion de genres, nous pouvons dire que le mouvement Queer et le point de ralliement des personnes qui ne se sentent ni totalement homme, ni totalement femme, dans leur sexualité ou dans leur corps. Cependant, il faut préciser que pour être Queer, il faut que l’individu ressente cette différence dans son propre corps et dans son esprit. Il faut qu’il en est conscience, qu’il l’accepte afin d’être capable de faire cette démarche d’auto proclamation. Etre Queer c’est déjà avoir assimilée cette différence sans forcément ne pouvoir l’expliquer.

Les Queer veulent dénaturaliser le genre. Déconstruire le sexe, le genre et de ce fait le corps afin de donner une représentation plus neutre de celui-ci. Pour reprendre les termes de Marie-Hélène Bourcier ; « Le piège du genre est tendu. Le sexe s’efface devant le genre en ce sens que la différence sexe/genre n’a pas lieu d’être : tout est genre, y compris le sexe dont les prétentions naturalisantes, biologiques et binaires seront réduites. » Elle nous montre bien ici le positionnement des Queers vis-à-vis de leur propre conception de l’individu. En effet, ils séparent le sexe biologique du genre et de ce fait mettent l’accent sur la notion même de sexualité comme dominante de leur mouvement. De ce fait, ils considèrent le corps comme matière à jouir, quelque soit le sexe d’origine. Ils veulent produire non pas un mais des corps différents pour ceux qui le souhaitent et ainsi multiplier les identités de genre et les pratiques sexuelles.

  Comme nous l’avons vu précédemment, dans notre société le corps est façonné selon les époques formant des canons de beauté auxquels il faut se référer pour être reconnu par autrui et ainsi s’intégrer dans le système social. Cependant, à l’image de la Grèce antique et de ces beaux éphèbes, le canon de beauté n’est qu’une image du corps et n’est pas forcément lié à une sexualité hétéro. Freud, concernant l’inversion reprend lui aussi cette exemple pour nous monter que celle-ci n’est pas forcément anormale et n’est donc pas à considérer comme une dégénérescence ; « Il faut attacher de l’importance au fait que l’inversion était un phénomène fréquent, presque une institution invertie d’importantes fonctions chez les peuples de l’antiquité à l’apogée de leur culture. »

  Sans parler des Queers, on assiste aujourd’hui à une désincarnation générale du corps en tant que genre féminin ou masculin par une apparition de l’androgynie qui se caractérise par un mélange direct des deux genres. D’où une possibilité d’intégration des personnes Queer plus aisée mais moins visible dans notre société ce qui ne fait que camoufler le réel but de ses revendicateurs.

  Par l’association de plusieurs corps en un corpus, les Queers réunissent leurs différences sexuelles, corporelles et individuelles afin d’être plus puissant fasse à l’autorité. Cette recherche de reconnaissance à travers l’autre, passe par un corps minoritaire en action. Plus particulièrement une image de ce corps devant être visible par la majorité. D’un point de vu psychanalytique, et pour suivre les dires de Jacques Lacan, l’image du corps est mentale et à un pouvoir structurant, car l’aliénation du moi dans sa forme virtuelle développe un imaginaire spécifique à l’organisation du corps humain. De plus, l’image du corps rejette le moi dans le symbolique et l’imaginaire. En suivant ce point de vue on peut dire que les Queers revendiquent une certaine image du corps à l’instar de leur propre corps et cela au détriment de leur différence individuelle. Freud, en 1923, cherchant à rendre compte du rôle du corps dans la relation moi-objet et de sa constitution par le jeu des perceptions internes et externes nous dit  que ; « Le propre de l’individu est avant tout sa surface qui constitue une source d’où peuvent émaner les perceptions internes et externes. ».  On peut dire alors que le corps est un objet étranger jusqu’au moment ou l’organisation physiologique et psychologique du moi aura permis qu’il y ait une relation générale. Les Queers cherchent donc à retrouver cette perception extérieure d’eux-mêmes afin de pouvoir exister en tant que sujet propre. Ils cherchent donc, à l’image du stade du miroir de Lacan, à retrouver une image d’eux-mêmes dans le miroir de la société, aliénation qui semble nécessaire à la formation de l’unité de leur corpus, confiant leur propre destin aux formes symboliques de la représentation. Cependant, par la performativité de ce mouvement, les Queers ne recherchent plus l’approbation de la société mais ils s’imposent à elle. Ils ne nous demandent pas réellement si ils ont un corps, ils l’affirment de par une politisation de leur discours et de ce fait amène la question de genre comme un intérêt général.

 

  Tout comme la seconde vague féministe rejetait les lesbiennes, le mouvement Queer, ou du moins, certain d’entre eux rejette les transsexuelles les considérant comme encore trop attachés au genre féminin/masculin. En effet, les Queers remettent en question la notion de sujet, l’hétéro normativité et de ce fait, les transsexuels n’entrent pas vraiment dans ce débat car soit ils se transforment (ou souhaitent le faire) en homme ou bien en femme. Alors, ils restent quand même attachés au système binaire. Donc on peut dire qu’ils ne font pour la plupart (transsexuels hétéro) que se greffer à ce mouvement par inadéquation avec la société. Sous cette même idée, nous pouvons aussi parler des dites « Butch » qui ne se sont pas forcément lesbiennes mais qui adoptent des postures masculines marquées. En revanche ne pas les inclure dans le mouvement Queer revient à faire de la discrimination et donc à faire la même chose que les homophobes ou les sexistes à savoir, rejeter les minorités.

  Les Queers veulent jouir, jouir des mêmes privilèges que les hétérosexuels et non pas seulement avec leur corps.

 

 

D°)  QUEER ET SOCIETE :

 

 

  Pas dans n’importe qu’elle société…

 

  Ce n’est pas en Afghanistan que nous verrons des Queer ! Bien sur qu’il doit y avoir des homosexuels, des transsexuels mais ils se considèrent eux même de par leur société et leur religion comme des gens anormaux, malades donc la société n’a besoin de les réprimander, ils le font tout seul, abandonnant leur individualité au profit de celle-ci. Partant de là, nous pouvons nous poser la question si ce ne sont pas les sociétés occidentales qui ont permis l’apparition des Queer ? En vue de l’exemple précédent, nous pouvons répondre oui à cette question. En effet, la société et surtout son expansion, de part son pouvoir international, nous a permis d’acquérir un certain confort de vie et une certaine liberté aujourd’hui remise en question car encore trop restreinte selon ces citoyens. Pour preuve, avec Mai 68 sont apparues les premières révoltes de masse contre la société et son fonctionnement. Cependant, comparé à beaucoup d’autre elle n’est pas plus restrictive mais a apporté ce qui va faire sa perte à savoir le pouvoir individuel permettant ainsi une rébellion de la société contre elle-même.

  Le mouvement Queer est né au Etats-Unis, dans une société capitaliste, s’organisant de façon rationnelle et méthodique dans le seul but de produire et donc dans une logique de pure croissance de la société. Le capitalisme est dépendant du système politique et législatif en place. Il nécessite à la fois une protection juridique de la propriété privée et de droit de propriété intellectuelle mais aussi des moyens pour faire respecter cette propriété. Depuis la guerre froide, le capitalisme tend à s’appuyer principalement sur les capitaux financiers, devenus la forme du capital la plus influente du système, dans un contexte d’interdépendance et de mondialisation croissante. Pour suivre les propos Marxistes, le capitalisme est un système économique et social dans lequel les moyens de productions les plus important n’appartiennent pas à ceux qui les mettent en œuvre mais c’est un capitalisme privé ou d’état. Il recherche en effet systématiquement du profit grâce à l’exploitation des travailleurs par les propriétaires. C’est un régime économique fondé sur l’initiative individuel, la concurrence entre les entreprises et la propriété privé des moyens de production.

Cette société a donc permis à chacun de se développer mais à l’image d’une concentration d’individus dans les villes, elle amène aussi beaucoup de contraintes et de différences. Le pouvoir d’action des travailleurs n’est qu’illusoire et n’est en fait qu’une nouvelle forme d’exploitation dans laquelle le pouvoir n’appartient en réalité qu’a une seule partie de la population à savoir ceux qui détiennent les capitaux., ceux qui on de l’argent. Comme nous l’avons dit précédemment, c’est la société qui nous donne le pouvoir d’agir mais a une seule condition, l’argent. Si vous avez de l’argent, vous pouvez jouir pleinement de vos droits et plus encore, sinon, vous êtes contraint de vous adapter à la société et mieux encore, de l’approuver. En quelque sorte, ce qui a donné naissance au mouvement Queer le restreint et rejette de la même façon. Nos sociétés, grâce à la révolution industrielle, ont démontré qu’elles pouvaient réussir. Cependant, on sait bien que cette industrialisation passe par beaucoup de facteurs différents, à savoir, le contexte, les moyens mis en œuvre, le passé, une certaine volonté d’avenir…bref toutes ses modalités qui poussent l’individu a accomplir des actes. En se référent à son époque d’apparition, le mouvement Queer marque une nouvelle fois cette volonté de déconstruire la société dans ses idéaux et dans sa structure. Il pose une nouvelle fois la question d’un mal être sociale. Le problème est que la plupart des sociétés occidentales sont en majorité influencées par le christianisme. C’est peut être d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous ne voyons encore que très peu de traduction françaises d’auteurs Queer. Les Queer dépassent le concevable de cette société, ils atteignent sa morale et déconstruisent tout un système qui semblaient avoir réussis à les écarter jusque là. La réelle force de ce mouvement est belle et bien leur politisation car de ca fait ils font désormais partie d’un questionnement d’intérêt général. Le symptôme dont souffrent les Queer est l’absence de mémoire. Bien qu’ayant déjà réussi à la combler un peu de par l’alliance formée indirectement avec l’université sur l’étude du genre, ils n’ont pas d’histoire, pas de passé sur quoi fonder leur argument à la manière d’un groupe politique. Pour reprendre les dires de Béatriz Précuado, ils veulent un déplacement du savoir dominent vers une multiplicité de savoirs locaux ou minoritaires. Pour une politique de résistance au pouvoir qui passe entre autre par un retournement des discours disciplinaires. Pour Judith Butler « nous sommes tous des trans’ dont la performativité et le retournement des codes diffusent efficacement l’idée que les genres sont catégories mobiles et construites. » Ce mouvement doit faire ses preuves et c’est là toute sa performativité. Ils illustrent l’importance des processus de construction sociale de la sexualité, du corps et des identités féminines et masculines dans la relation de pouvoir. En ce sens, les Queer remettent en question la notion de sujet, l’hétéro normativité ainsi que la stabilité des identités homme/femme. La notion de genre est culturellement construite et subie par les individus. Ce qui est surprenant c’est qu’ils arrivent à remettent en jeu des problèmes fondamentaux touchant au pouvoir tout en jouant de leur position de citoyen et de ce fait ils deviennent l’ennemi principal de la société.

  Les homosexuels mais aussi les féministes, ont profité du contexte d’ébullition social des années 70 pour s’insérer dans les revendications de transformations sociétales sous diverses formes. Ils ont procédé par auto-désignation et utilisation de langage, dans le but de mettre fin à la référence pathologique des signifiants auxquels ils sont habituellement aliénés. La pensée Queer repose sur le fondement que toute bipolarité exerce une fonction restrictive qui permet l’oppression d’un groupe sur un autre. En effet, les fondements même de la société sont régis par un système binaire, l’homme/la femme, l’homosexuel/l’hétérosexuel, le bien/le mal…et pour désigner à quel groupe on appartient il faut systématiquement le faire en fonction de l’autre. Cette vision place les hommes et les femmes dans deux catégories et cette catégorisation donnent forcément naissance à une hiérarchisation puisqu’elle est faite en fonction des normes patriarcales qui gèrent notre société. Indirectement, de part son offensive, le mouvement Queer réinterroge cette vision androcentrique et enthousiasme les féministes. Cependant, il s’agit de déconstruire le système d’en le but de mieux s’insérer car tant que la différence homme/sera posée, le référent sera inévitablement le masculin. Une certaine évolution est à l’œuvre aujourd’hui, bien qu’encore trop fébrile pour permette aux Queer de s’imposer. Surement même que de notre vivant, nous ne verrons pas une telle évolution s’opérer mais la prise de parole des femmes en politique est déjà un bon début.

La catégorisation des individus en deux catégories préexistantes dés la naissance restreint l’individu et le processus de socialisation le contraint fortement dans son développement. La plupart des personnes s’identifient donc au genre que la société leur attribue en fonction de leurs organes génitaux. C’est de cette définition que découle l’identité sexuel ou gender identity. De part cette restriction, il semble normale que certaines personnes ne rentrent pas ces cadres et qu’ils se retrouvent dans état dans lequel, le genre interne soit en désaccord avec les particularités que la société leur attribue. Etre Queer, demande donc d’accepter et d’assumer une identité sans essence. Ils veulent se défaire d’une identité historiquement construite  marquant l’aspect essentialiste de l’identité comme inhérent à la vision binaire de notre société. Ils revendiquent un positionnement identitaire qui ne se fonde pas sur une perspective hétéro référentielle mais autoréférentielle pour donner lieu non pas à une troisième catégorie mais belle et bien cette fois à une multitude d’identité, a une liberté identitaire et polymorphe.

 

 

 

 

CONCLUSION : ALLONS- NOUS TOUS DEVENIR TRANS’ ?

 

                                                                                  

  L’individualité est profondément enracinée, elle nous échappe et nous dépasse car elle nous est en réalité étrangère mais pour combler ce manque, d’autre la cultive. Les traditions, l’histoire nous soumettent des valeurs dominantes qui sont érigés en normes. Face à cette autorité, nous sommes soumis à des lois qui sont censées nous donner une certaine liberté mais la norme apporte une forme plus totalitaire qui offre beaucoup plus d’interdits. C’est d’ailleurs ce que nous pouvons constater avec le débat principal autour de l’homosexualité à savoir le droit au mariage et à l’adoption, d’autant plus qu’il touche directement aux valeurs de la société. Aujourd’hui, les normes imprègnent toute la société, ne laissant aucun espace de liberté. Sous couvert de libération sexuelle, c’est donc aujourd’hui la liberté de consommer du sexe commercialisé et stéréotypé qui est de rigueur. La sexualité est certes omniprésente mais elle reste contrôlée et même trop, ce qui la rend encore plus convoitée. Bien sur les corps se libèrent, mais surtout se commercialise et deviennent de ce fait des denrées plus que périssables et subjectives. Nous sommes dans une société d’image ou le corps est matière à l’expression  mais il est aussi exagérément montré, exhibé, et il ne fait que cacher un certain manque à être. Les rapports humains et même la sexualité sont mis en scène, accessoirisés pour répondre à la question de cette fonction du corps. C’est sans doute pour cette raison que les Queer sont à la mode. En effet à l’instar de Dolce Gabanna, qui utilise l’androgynisme et le bi sexualisme, les créateurs de mode et les publicitaires jouent avec nos fantasmes usant du corps à outrance dans sa dimension érotique, pornographique et surtout polymorphe. Les lecteurs savent bien que ces pratiques sont réservés à une élite mais ils vivent dans l’illusion qu’un jour eux aussi pourront jouir de la sorte. C’est comme si par l’image, nous tentions de calmer nos pulsions sexuelles par le biais d’un nouvel objet fait de papier glacé, comme si un petit pervers polymorphe sommeillait en chacun de nous. Freud lui-même déjà au vingtième siècle, précisait que dans l’inconscient d’un individu, la différence des sexes n’existe pas. Partant de ce principe, chaque individu, dépassant l’identité sexuelle, peut emprunter des attributs des attributs à la fois féminin et masculin pour construire sa propre identité. Nous pouvons alors envisager qu’un jour peu être, les opérations chirurgicales de changement de sexe deviendront très courantes ? Nous n’en sommes pas là. Pour le moment, ce ne sont que des parties de corps qui  sont touchées et non pas directement sa totalité. Aussi, a défaut de changer de corps, les individus tendent de plus en plus à s’échanger leurs codes vestimentaires comme par exemple les rugbymen du stade français, qui ont adopté le rose, profitant de la mode gay pour vendre leur calendrier. Cela marque tout de même le début d’un certain changement du fait de cette insertion réussie dans un milieu machiste. Précisons tout de même que fraternité, amitié masculine et homosexualité ne sont pas si déférents dans leurs rapports à l’autre.

Pour reprendre les dires de Freud, l’enfant est un pervers polymorphe et en suivant cette idée, nous ne faisons que nous conformer à la société, banalisant notre réel bien être, camouflé par des objets de consommation. Aujourd’hui, le pouvoir de consommation baisse, comment allons nous pouvoir combler notre manque ? En réalité, tout comme l’enfant doit résoudre la question de la différenciation de l’animé/inanimé et la différenciation des sexes, l’adulte tente toujours d’y répondre et il se peut qu’il n’y arrive jamais.

  La sexualité est prépondérante et englobe avec elle l’affectif, l’émotionnel, l’amour…toutes ses choses qui nous dépassent mais qui constitues notre être profondément. Alors, pour un besoin de cohérence, une recherche de stabilité physiologique et psychique, l’individu à recourt à la transformation corporelle, à défaut de ne pouvoir contrôler sa pensée. Ce processus de déconstruction reconstruction peut être soutenu par une certaine forme de théâtralité à l’image du drag Queens des créatures. Ils s’inventent en effet, un personnage, le plus souvent asexué dans le but de dépasser l’ensemble des différences qu’elles soient sociales, sexuelles ou bien d’autre.

  Au regard de ses performatifs, et de la tendance à l’androgynie, l’évolution des mœurs et des technologies ne va-t-elle pas finir par neutraliser les sexes pour résoudre définitivement la question de la différenciation ? Si l’on va par là, l’individu devrait s’abandonner a un corps reconstruit scientifiquement à la manière d’un cyborg, ce qui ne ferait que réduire l’individualité à une nouvelle forme de normativité encore plus dangereuse. Ceci n’est qu’une des fins possible et terriblement réductionniste mais n’entrons nous pas tout de même dans une certaine science fiction ?

 

 

 

 

 

 Références Bibliographiques :

 

 

Sigmund Freud (1905). Drei abhandlungen zur sexualtheorie. Trois essais sur la théorie sexuelle. Editions Gallimard, Paris, 1987.

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Judith Butler. La vie psychique du pouvoir. L’assujettissement en théorie. Traduit par Brice Matthieussent, Léo Scheer, Paris 2002.

Judith Butler. Défaire le genre. Edition Amsterdam, Paris, 2006.

M-H Bourcier. Queer Zones. Politiques des identités sexuelles, des représentations et des savoirs. Balland, Paris, 2001.

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M-H Bourcier. Zoo. Q comme Queer. Kitch Camp, Paris, 1998.

Léo Bersani. Homos. Odile Jacob, 1998.

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Lawren R. Schehr. Aimez-vous le Queer ? Rodopi, 2005.

François Cusset. Queer critics. La littérature française déshabillées par ses homos lecteurs. Presse universitaire de France, 2002.

Jean Bergeret. L’érotisme narcissique. Homosexualité et homoérotisme. Dunod, Paris, 1999.

Jacques André. Les états limites. Nouveau paradigme pour la psychanalyse ? Presses universitaires de France, Vendôme, 2005.

Armand Maul. Approche évolutionniste de la sexualité humaine. L’Harmattan, Paris, 2005.

 

 

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Mercredi 21 Mai 2008Poster un commentaire